Pris par le tourbillon des découvertes, des explorations, des discussions et tentatives souvent avortées ou incomplètes, mais aussi par nos emplois du temps, déjà trop remplis et qu’il fallait coordonner au gré des aléas les plus divers, nous avons fort inégalement fait le suivi de nos activités, du reste jamais aussi riches que ce que nous voulions… Par ailleurs, tout le monde n’a pas tout fait. En guise de rappel : nous n’avions aucune contrainte scolaire (les contraintes scolaires ont plutôt entravé notre emploi du temps). Et pourtant ! Nous avons le sentiment d’aboutir à des mises en forme qui peu à peu nous satisfont et nous emmènent de plus en plus loin…

  1. Forme de nos compte-rendus
  2. Contenu de nos activités
  3. Bilan d’étape

1. Forme de nos compte-rendus

Nous avons ouverts des dossiers répertoires individuels ou collectifs pour ce projet sous trello, google drive, onenote et dropbox… inégalement utilisés ou excessivement « fouillis », à commencer par les miens.

Nous avons annoté aussi 4 cahiers de recherche en format papier, – le plus tangible pour les jeunes, même si le drive a finalement été l’outil naturel pour eux (pour usage ponctuel). Les cahiers ont été plus ou moins bien remplis. Y compris par l’animatrice.

Le travail sur place collectif a fonctionné (en gros) mais les droits de collaboration sur les deux sites wordpress successifs n’ont pas été très utilisés (selon les personnes, et malgré une connaissance acquise de leur mode de fonctionnement).

Du moins,  le message théorique d’une documentation soignée est passé.  Avec une vraie question qui demeure: comment explorer rapidement et produire efficacement si on passe son temps à documenter ? Cela n’a pas été compatible avec nos urgences, et la production a primé.

Nous avons ouverts aussi des comptes sociaux : twitter, instagram, pinterest, youtube, principalement pour lister des documents ou publier les nôtres, très peu pour échanger et dialoguer dans la sphère du web, – nous n’en sommes pas là. (Nous avons commencé le projet sous le nom de « neuroprojettrio » et avons choisi le nom « cerveaumatic » finalement pour nos publications).

2. Contenu de nos activités

Nous avons exploré les chapitres de SVT de classe de 3e sur le cerveau.

Nous avons partagé à plusieurs reprises des séries articles scientifiques trouvés soit au fil du net, ou via la bibliographie du MOOC « neurosciences à l’école », ou encore grâce à notre abonnement souscrit à Cerveau & Psycho.

Nous avons imprimé des cerveaux 3D, fait quelques dessins et memes.

Nous avons participé à un atelier collectif sur « les idées reçues du cerveau » à la Cité des Sciences (2 du groupe).

Nous avons revu tous ensemble Vice Versa des studios Pixar, avons exploré quelques articles de circonstance faisant le lien entre le film et les neurosciences, et avons fait quelques dessins perso suite au film que nous n’avons pas voulu toujours retenir ou montrer.

Nous avons visionné de nombreuses autres vidéos (C’est pas Sorcier et Ted Talks en tête, ainsi que la série Brain Games sur Netflix, mais pas seulement..)

Nous nous sommes penchés à nouveau sur le livre de Dan Ariely C’est (vraiment ?) moi qui décide que deux d’entre nous avaient déjà lu, et avons repéré le documentaire  (DIS)honesty : the truth about lies produit par Dan Ariely sur Netflix, et qui porte sur certaines de ses recherches.

L’un des jeunes a fait un « Ted ed lesson » à partir d’un Ted Talk d’un prof du MIT et de son projet en Inde sur la rééducation à la vision (voir sur le site).

Conformément à ce que nous avions listé et annoncé au démarrage, nous nous sommes rendus à La Paillasse, le biofablab de Paris, – à deux d’abord en éclaireurs… – dans l’espoir d’y découvrir des interlocuteurs et projets intéressants pour nous. Notre butin sur place ayant été excessivement maigre au regard de ce qui nous intéressait, nous avons arrêté là, – et par ailleurs n’avons pu nous rendre à un intéressant débat organisé sur place lors de la Semaine du Cerveau. La Paillasse, pris par les contraintes de loyer, est devenu davantage un espace de coworking qu’un fablab expérimental.

Nous avons exploré près d’une vingtaine d’applications sur le cerveau et les neurosciences pour en extraire une sélection destinée à être présentée en format vidéo. Les scripts, tournages et montages, sont toujours en cours.

Nous avons exploité des articles sur les jeux vidéo.

Nous avons encore plein d’envies et d’idées en cours d’exécution, quelques-unes que nous espérons encore mener à terme, démarrage acquis… Mais chut !

3. Bilan d’étape

Notre exploration est brouillonne, inégalement suivie, mais riche au point de porter des fruits.

Par exemple lorsque l’un des ados du groupe argumente avec efficacité et témoigne de vraies connaissances acquises sur le cerveau lors des discussions collectives de l’atelier « Idées reçues du cerveau » à la Cité des Sciences.

Ou lorsque le tournage des vidéos sur les applications du cerveau témoigne d’une appropriation des diverses connaissances.

Ou lorsque des lectures se font plus naturellement, et des projets sont menés de manière plus autonome et rapide, car au fil du temps le sujet commence à prendre forme dans l’esprit des participants.

Sur les trois jeunes du groupe initial, cependant, la jeune fille du groupe a décidé d’arrêter après avoir sans cesse tergiversé et témoigné de son hésitation. Beaucoup d’énergie a été mis pour empêcher cela, de la part de tout le monde, mais en vain.

La dynamique elle-même a changé sans cesse de forme : collective, individuelle, « autonome jeune », dirigiste, passive, active sans lendemain, ping-pong entre les diverses configurations, mêlée de discussions autres…

Les méthodes de base à mettre en oeuvre, à savoir, faire réfléchir les jeunes, les amener à formuler leurs propres questions, les encadrer à diverses étapes, – ont cédé le pas devant un projet collectif rapide ou lent selon les semaines, où l’animatrice a eu en tête de son côté surtout de faire que les jeunes trouvent leur rôle, et que les conditions de la production souhaitée soient assurées. Le cadre informel et la petitesse du groupe, qui se connaît sur d’autres activités et projets, a eu raison du format initial désiré.

Pour bien comprendre la particularité des formes prises par ce projet, il faut se rappeler que l’équipe s’est assemblée autour de caractéristiques communes qui sont l’envie de « produire » – des dessins, des vidéos, des textes, des partages – plus que du souci de « faire de la recherche » à partir d’une vision d’emblée complexe et perçue comme fastidieuse et rigoureuse, sur un champ certes ambitieux, abscons, difficile.

Pourtant, peu à peu, nous arrivons à la curiosité nécessaire, celle qui amène à contourer les bonnes questions, appréhender l’ampleur de l’étendue des neurosciences, comprendre un peu des enjeux et des difficultés, envisager les questions du cerveau sous un nouveau jour. Le tandem des deux ados restant devient mûr pour une expérimentation comme prochaine étape.

Finalement, c’est un peu en explorateurs sauvages et en médiateurs de science à la recherche de formes originales que le groupe se positionne avant tout. Ce qui est cohérent avec la réalité des choses… L’expérimentation elle-même que nous commençons à contourer ne serait rien d’autre que cela : une nouvelle exploration de contenu et de forme, – certes bien comprise comme intéressante et essentielle en soi.

 

L’animatrice du groupe

 

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