L’effet Simon (Simon effect) : notre jeu en python pour le montrer

Que se passe-t-il quand vos réflexes sont alourdis par des informations inutiles et perturbantes? Un jeu célèbre en psychologie et neurosciences est celui qui consiste à démontrer « l’effet Simon ».

Nous avons réalisé notre propre jeu vidéo en langage Python pour reproduire cet effet Simon. Vous devez cliquer sur la touche « r » (pour « red ») lorsque la couleur rouge apparaît, et sur la touche « b » (pour « blue ») lorsque la couleur bleue apparaît. Sans « effet Simon », le jeu vous propose les deux couleurs à l’écran positionnée à droite et à gauche de la même manière que les touches correspondantes sur le clavier. L’effet Simon va perturber ce bon ordre… Quel temps ferez-vous alors ? Le jeu vous propose de comparer…

Voici la page de publication officielle du jeu sur le compte Itch.io du développeur (Nicolas) : https://nkoo.itch.io/simon-effect

simon effect

Pour jouer :

Vous pouvez aussi aller directement sur le lien ici et appuyer sur la flèche en haut à droite qui lance le jeu sur Codeskuptor, une interface en ligne de programmation Python : http://www.codeskulptor.org/#user43_1kS6XTeDGgHfWyx.py

Alors, convaincus ?

L’effet Simon, c’est quoi ?

Cet effet a été mis en évidence en 1969 dans une publication scientifique suite à une étude menée par J.R. Simon, d’où son nom.

Rien de mieux qu’un exemple pour comprendre… L’effet Simon, c’est ce qui ralentit nos réflexes dans le type de situations illustrées par le jeu suivant :

Vous devez cliquer par exemple à gauche sur R si c’est rouge, et à droite sur B si c’est bleu. Seulement les couleurs changent de position. Si l’endroit où vous devez cliquer n’est pas du même côté que l’objet, cela ralentit vos réflexes.

Même les psychologues et neuroscientifiques sont obligés de faire le détour par un exemple pour mieux comprendre… Car en termes scientifiques purs cela donne ceci : « les réflexes sont généralement plus rapides, et les réponses plus justes, lorsque le stimulus intervient au même endroit que la réponse, même si l’endroit du stimulus n’a aucun rapport avec la tâche assignée. » Pas très sexy ni facile à comprendre à la première lecture…

Pourquoi ça nous intéresse scientifiquement

Cela paraît intuitivement logique.

Pourtant, il faut constater que votre cerveau analyse l’endroit d’apparition de la couleur rouge ou bleue alors que ce lieu n’est pas du tout une donnée utile pour faire ce qui a été demandé : il ne peut en faire abstraction et doit gérer le conflit entre deux types de données : la couleur (ce qui est demandé) et le lieu où celle-ci apparaît (alors que cela n’a aucun rapport avec la demande).

Les propositions d’explications proposées par les scientifiques sont de divers ordres et se contredisent : ce ne sont aujourd’hui encore que des hypothèses.

Le but : analyser comment le cerveau gère les informations reçues et effectue la décision d’un mouvement (cliquer à droite ou à gauche).

Comment expliqueriez-vous cela ?

L’hypothèse dominante, celle-là même avancée par J.R. Simon, est que le cerveau fait intervenir des efforts et des zones supplémentaires quand l’effet entre en jeu : ce serait, en l’état de nos connaissances, le cortex dorsolatéral préfrontal et le cortex cingulé antérieur. Nous proposons d’attendre confirmation de ce scoop avant de chercher à identifier encore des zones supplémentaires dans un cerveau déjà bien complexe…

Ce qui est intéressant, c’est ici de comprendre notamment que DEUX étapes supplémentaires sont ajoutées : tout d’abord identifier le bon stimulus parmi ceux qui ont été reçus, entre couleur et localisation. Ensuite, envoyer au cerveau un ordre moteur qui peut être en contradiction avec les manipulations précédentes. Tout cela ralentit vos réflexes et conduit à des erreurs….

 

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